Plan d’électrification 2026 : quelles aides pour les entreprises ?

Annoncée le 15 octobre 2026, la deuxième phase du plan d’électrification prévoit 17 mesures. Prêts bonifiés, utilitaires électriques, pompes à chaleur et accès au réseau : découvrez les opportunités pour les entreprises et les points à anticiper.

Benjamin Bourguignon
Benjamin Bourguignon

Publié le 04 novembre 2026

2407 mots · 10 min de lecture

Plan d’électrification 2026 : quelles aides pour les entreprises ?

Le 15 octobre 2026, le Gouvernement français a annoncé la deuxième phase de son plan national d’électrification. Après une première série de mesures présentée au printemps, 17 nouvelles dispositions viennent accélérer la transition des énergies fossiles vers l’électricité.

Prêts à taux bonifiés, aides à l’acquisition de véhicules électriques, soutien aux pompes à chaleur ou encore amélioration de l’accès au réseau : plusieurs mesures concernent directement les professionnels.

Pour les TPE, PME, entreprises du tertiaire et industriels, cette nouvelle étape représente une opportunité de moderniser leurs équipements et de réduire leur dépendance au pétrole et au gaz.

Mais cette transition soulève également une question essentielle : comment électrifier son activité sans déséquilibrer son budget énergétique ?

Décryptage des principales annonces et de leurs conséquences pour les entreprises.

Pourquoi le Gouvernement accélère-t-il l’électrification en France ?

L’électrification consiste à remplacer certains équipements utilisant du gaz, du fioul ou des carburants pétroliers par des solutions fonctionnant à l’électricité.

Cette transformation concerne plusieurs activités économiques :

  • Le chauffage des bâtiments professionnels et tertiaires.

  • Les procédés de fabrication industriels.

  • Les véhicules utilitaires et les flottes professionnelles.

  • Les équipements de production des artisans.

  • Les infrastructures de transport et de recharge.

L'objectif est double : réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter la dépendance de la France aux énergies fossiles importées.

Pour les entreprises, l'enjeu est également économique.

Remplacer une installation au gaz par un équipement électrique performant peut réduire certaines dépenses d'exploitation. Toutefois, électrifier un usage ne signifie pas automatiquement réduire sa facture totale d'énergie.

Le résultat dépend notamment du rendement des équipements, du prix de l'électricité, du coût des investissements et des caractéristiques du contrat énergétique.

C'est pourquoi les décisions d'électrification doivent s'accompagner d'une réflexion globale sur les consommations et les coûts.

Les principales mesures du plan d'électrification pour les entreprises

Parmi les 17 annonces gouvernementales, plusieurs dispositifs présentent un intérêt particulier pour les professionnels.

1. Un milliard d'euros de prêts bonifiés pour les TPE et PME

C'est l'une des mesures les plus directement destinées aux petites et moyennes entreprises.

Le Gouvernement prévoit de mobiliser environ un milliard d'euros de prêts à conditions préférentielles afin d'aider les artisans, TPE et PME à financer leurs investissements d'électrification.

Le dispositif reposera sur un financement de 100 millions d'euros provenant d'un programme de certificats d'économies d'énergie (CEE).

Les banques sélectionnées par l'ADEME pourraient proposer des financements à un taux de l'ordre de 1,5 %, contre une référence d'environ 3,7 % mentionnée par le Gouvernement pour les taux de marché.

Ce financement pourrait faciliter des projets comme le remplacement d'équipements fonctionnant aux énergies fossiles par des installations électriques.

Calendrier annoncé :

  • 1er décembre 2026 : lancement de l'appel à manifestations d'intérêt permettant de sélectionner les banques.

  • Début 2027 : sélection des établissements financiers.

  • 1er février 2027 : ouverture prévue du prêt électrification.

Les conditions définitives d'éligibilité, de financement et d'octroi devront être vérifiées auprès des organismes concernés.

À retenir : il s'agit d'un dispositif de prêts, et non d'une enveloppe d'un milliard d'euros de subventions directement versées aux entreprises.

2. Jusqu'à 11 000 € d'aides pour les utilitaires électriques

La mobilité professionnelle constitue un autre axe majeur du plan.

Le Gouvernement souhaite favoriser l'acquisition de 20 000 véhicules utilitaires légers électriques par les TPE et PME.

À partir du 1er janvier 2027, des primes supplémentaires sont prévues pour l'achat de véhicules répondant aux critères de production européenne.

Le soutien total annoncé pourra atteindre 11 000 € pour certains modèles assemblés en Europe, sous réserve des conditions applicables.

Cette mesure concerne particulièrement les artisans du bâtiment, les entreprises de maintenance, les professionnels réalisant des livraisons et les sociétés disposant de véhicules d'intervention.

Une autre évolution est annoncée : la possibilité de conduire certains utilitaires électriques jusqu'à 4,25 tonnes avec un permis B, grâce à une adaptation du cadre législatif prévue pour 2027.

Cette disposition vise notamment à compenser le poids supplémentaire des batteries.

Pour une entreprise, l'intérêt économique dépendra cependant du coût d'acquisition, des aides effectivement obtenues, du kilométrage annuel et des conditions de recharge.

3. Un soutien renforcé aux pompes à chaleur des bâtiments tertiaires

Le plan prévoit également de renforcer les aides à l'installation de grandes pompes à chaleur et de systèmes géothermiques.

Les entreprises du tertiaire figurent parmi les bénéficiaires visés, aux côtés des copropriétés, bailleurs sociaux et collectivités.

L'entrée en application de ce renforcement est annoncée pour mars 2027.

Les pompes à chaleur peuvent permettre de remplacer des installations de chauffage fonctionnant au gaz ou au fioul.

Grâce à leur fonctionnement, elles peuvent produire plusieurs unités de chaleur pour une unité d'électricité consommée, selon les conditions d'exploitation.

Pour des bureaux, hôtels, bâtiments commerciaux ou ensembles immobiliers, cette solution peut donc présenter un intérêt énergétique et financier.

Il reste indispensable de vérifier la performance de l'installation, les besoins thermiques du bâtiment et les dépenses associées au projet.

4. De nouvelles mesures pour les industries fortement consommatrices d'énergie

L'industrie bénéficie également d'annonces spécifiques.

Le Gouvernement prévoit notamment un appel d'offres de 1,2 milliard d'euros pour soutenir la production d'hydrogène décarboné par électrolyse, destiné notamment aux industries lourdes.

Son ouverture est annoncée pour le 1er février 2027, sous réserve de l'adoption de la loi de finances pour 2027.

Le plan comprend aussi un dispositif destiné à faciliter l'accès au réseau électrique pour les grands projets industriels et numériques en Île-de-France.

L'objectif annoncé est de dégager au moins 1 GW de capacité supplémentaire grâce à une évolution de la gestion des demandes d'accès au réseau de transport d'électricité.

Pour les sites industriels, cette question est stratégique.

Un projet d'électrification ne dépend pas uniquement du prix des équipements. Il nécessite également de disposer d'une puissance électrique suffisante et d'anticiper les éventuels délais de raccordement.

5. Des investissements pour électrifier les réseaux de chaleur

Le plan prévoit enfin 100 millions d'euros d'aides supplémentaires pour accompagner l'électrification des réseaux de chaleur, avec une disponibilité annoncée à partir de janvier 2027.

Ces financements ciblent principalement les collectivités et les opérateurs de réseaux de chaleur et de froid.

Les entreprises raccordées à ces réseaux pourraient être concernées indirectement par leur transformation, notamment à travers l'évolution de leur approvisionnement thermique.

Cette mesure complète la dynamique de remplacement progressif des énergies fossiles dans le chauffage collectif.

Des aides déjà accessibles pour certains artisans en 2026

Au-delà des 17 mesures annoncées en octobre, un autre dispositif mérite l'attention des petites entreprises : Decarb Flash Artisanat.

Ouvert le 30 septembre 2026, cet appel à projets dispose d'une enveloppe de 16 millions d'euros.

Il vise à soutenir des investissements permettant de remplacer des équipements fonctionnant aux énergies fossiles par des solutions électriques.

Plusieurs activités sont concernées, notamment les métiers de bouche, la restauration traditionnelle, les garages, les carrosseries, les laveries-pressings et certains métiers d'art.

Le guichet est annoncé comme ouvert jusqu'au 15 juin 2027, sous réserve des conditions et des fonds disponibles.

Pour une boulangerie souhaitant remplacer un four fonctionnant au gaz ou pour un artisan envisageant de moderniser son outil de production, il peut constituer une piste de financement à examiner.

Ce dispositif est distinct de la deuxième série des 17 mesures, mais s'inscrit dans la même stratégie nationale.

Quel impact du plan d'électrification sur les factures d'énergie des entreprises ?

L'électrification peut améliorer l'efficacité énergétique d'un site, mais elle transforme également sa consommation d'électricité.

Une entreprise qui remplace des équipements thermiques doit donc anticiper plusieurs changements.

Une consommation électrique potentiellement plus importante

Lorsqu'une entreprise remplace une chaudière au gaz par une pompe à chaleur ou installe des bornes de recharge, ses besoins en électricité augmentent généralement.

En parallèle, ses consommations de gaz ou de carburants peuvent diminuer.

L'analyse doit donc porter sur le coût énergétique global avant et après transformation, et non uniquement sur l'évolution de la facture d'électricité.

Une puissance souscrite à réévaluer

L'installation de nouveaux équipements électriques peut modifier la puissance maximale appelée par un bâtiment.

Si la puissance souscrite n'est plus adaptée, l'entreprise risque de supporter des surcoûts ou de rencontrer des contraintes d'exploitation.

À l'inverse, une puissance trop importante par rapport aux besoins réels peut entraîner des dépenses inutiles.

L'analyse des courbes de charge permet d'identifier ces enjeux et d'étudier les ajustements pertinents.

Un impact possible sur les coûts d'acheminement

Le TURPE (Tarif d'Utilisation des Réseaux Publics d'Électricité) correspond aux coûts d'utilisation des réseaux électriques.

Cette composante de la facture dépend notamment des caractéristiques du raccordement, de la puissance et des modalités d'utilisation du réseau.

Une électrification importante peut donc modifier les coûts d'acheminement, même si le prix de fourniture reste inchangé.

Les entreprises doivent également intégrer les taxes et contributions applicables, selon leur situation.

Le choix du contrat d'électricité devient encore plus stratégique

Lorsque la consommation augmente, un écart de prix sur le kilowattheure peut avoir un impact financier significatif.

Prenons un exemple purement illustratif.

Une entreprise prévoit une consommation électrique supplémentaire de 100 000 kWh par an après l'installation de nouveaux équipements.

Un écart de 0,01 €/kWh sur le prix de fourniture représenterait 1 000 € par an sur ce volume, hors effets éventuels sur l'acheminement et les taxes.

Le prix du kWh n'est toutefois pas le seul critère.

Les plages horaires de consommation, les conditions contractuelles, la durée d'engagement et les modalités de révision des prix doivent également être étudiées.

L'enjeu n'est donc pas seulement de passer à l'électricité, mais d'acheter et de consommer cette électricité dans des conditions adaptées à son activité.

Comment préparer son entreprise aux évolutions de 2027 ?

La deuxième phase du plan d'électrification ouvre de nouvelles perspectives, mais une décision d'investissement mérite une préparation rigoureuse.

1. Identifier les équipements pouvant être électrifiés

La première étape consiste à analyser les usages actuels : chauffage, production, procédés industriels, véhicules professionnels ou équipements techniques.

Tous les usages ne présentent pas le même potentiel économique.

2. Évaluer les besoins électriques futurs

Avant de remplacer un équipement, il est important d'estimer les consommations supplémentaires, les besoins de puissance et les éventuels travaux de raccordement.

Cette projection permet d'éviter de dimensionner le contrat d'électricité sur des données devenues obsolètes.

3. Examiner les aides et les conditions de financement

Les dispositifs annoncés ne sont pas tous ouverts au 4 novembre 2026.

Certaines mesures doivent entrer en vigueur en 2027, tandis que d'autres restent conditionnées à des textes réglementaires ou budgétaires.

Il convient donc de vérifier les critères d'éligibilité et les règles de cumul avant d'engager les dépenses.

4. Anticiper l'adaptation des contrats d'énergie

L'évolution des consommations peut nécessiter une nouvelle analyse des contrats de gaz et d'électricité.

Il est notamment utile de vérifier les échéances, les engagements de volume, les caractéristiques des prix et la puissance souscrite.

Une anticipation suffisante permet de comparer les solutions contractuelles avant la mise en service des nouveaux équipements.

Only Nrj accompagne les entreprises dans l'évolution de leurs besoins énergétiques

La transition vers l'électricité ne se résume pas à un changement d'équipement.

Pour de nombreuses entreprises, elle implique de revoir leur manière d'acheter et de gérer l'énergie.

Depuis 2016, Only Nrj accompagne les professionnels dans l'analyse de leurs contrats d'électricité et de gaz, la comparaison des offres fournisseurs et la recherche de possibilités d'optimisation de leurs dépenses énergétiques.

Notre approche repose sur une étude personnalisée des besoins, des consommations et des caractéristiques contractuelles de chaque entreprise.

Lorsqu'un projet d'électrification est envisagé, cette analyse peut notamment permettre d'anticiper l'évolution des volumes électriques, d'examiner les conditions de fourniture et d'identifier les points de vigilance liés au contrat.

Avec un interlocuteur dédié et un suivi dans la durée, Only Nrj aide les professionnels à prendre leurs décisions avec une meilleure visibilité sur leurs engagements énergétiques.

Nos études et comparaisons de contrats sont gratuites.

Conclusion : l'électrification, une opportunité qui doit être anticipée

Avec ses 17 nouvelles mesures, la deuxième phase du plan d'électrification confirme l'accélération de la transition énergétique française.

Pour les entreprises, les aides aux investissements, les financements bonifiés et les évolutions réglementaires peuvent faciliter certains projets dès 2027.

Mais les bénéfices financiers dépendront de la pertinence des équipements choisis, du niveau des investissements et de la maîtrise des coûts d'exploitation.

Une électrification réussie doit donc associer performance des équipements, anticipation des consommations et stratégie d'achat d'énergie.

Votre entreprise prévoit d'augmenter sa consommation électrique ou souhaite vérifier la compétitivité de ses contrats actuels ?

Demandez une étude gratuite de votre contrat d'énergie auprès d'Only Nrj pour identifier les possibilités d'optimisation adaptées à votre activité.


Sources

Informations et calendriers établis au 4 novembre 2026. Les modalités des aides annoncées pour 2027 restent susceptibles d'évoluer.

#Aides TPE PME #Plan d’électrification #Transition énergétique
Joignez un expert Contactez-nous par email